lundi 6 janvier 2014

Aujourd'hui j'ai un nuage noir au-dessus de la tête. Tu sais, comme dans ces dessins animés, quand un personnage est grognon. Bah c'est moi. Depuis deux jours en fait.
Je me sens comme une élève à la rentrée des classes : pas du tout, mais alors pas du tout envie d'y aller.
Très courte nuit hier, pleine de ces appréhensions nocturnes, à se retourner dans son lit, à retourner ses pensées dans tous les sens. Insomnie du dimanche soir, bonsoir...
Et puis tous ces gens au boulot, dans le métro, dans la rue, qui envahissent mon espace vital. Pas envie de parler, pas envie de sourire, je suis grognon, je traîne des pieds, je suis ronchonchon et j'espère bien que ça se voit.
Mon travail est devenu source d'ennui et de stress. Mon travail qui pour moi est censé être un espace d'épanouissement et de réalisation (oui, vraiment, j'y crois). Mon travail est devenu un trou noir. J'ai beau savoir que ce n'est qu'une question de quelques semaines, là maintenant tout de suite je me sens déjà épuisée.
Et c'est dans ces moments-là que l'absence de l'autre se fait plus cruellement sentir. Il m'écouterait raconter mes emmerdes, et puis elles seraient oubliées au bout de cinq minutes. Une oreille, une épaule, un réconfort. Bateau, mais tellement évident dans ces moments là. 

Et puis tu n'as pas répondu à mon texto.
Il y a des fois où je m'en fous, des textos sans réponse. Et puis il y a d'autres fois, comme celle-ci, où cela me touche. Où, on ne sait pas pourquoi, mais on est plus vulnérable.
Il y a des fois où l'on aimerait avoir droit à certains égards. Même s'ils ne sont pas légitimes. Mais on doit pourtant faire sans, et on se dit que ce n'est vraiment pas juste.
On rêve d'être traitée comme une princesse. Comme une reine, même. 
Et en attendant, on se transforme en princesse dans ses rêves.

L'extraterrestre

Il disparaît. Puis réapparaît.
Alors pour quelques heures, hors du monde, nos langues se délient, nos coeurs se déchargent et nos esprits s'égarent. Puis il s'évapore.
Lui et moi sommes deux extraterrestres : deux univers totalement parallèles qui ne devraient pas se croiser. Et pourtant.
C'est là toute la surprise de notre amitié, dans ces différences et ces connexions. C'est là aussi ce qui nous protège de tout attachement trop sentimental.
Il m'intrigue, cet extraterrestre. Il s'approche, il écoute, dit des choses vraies, des choses bizarres, des choses délicates (car il est comme ça avec moi, l'extraterrestre, tout en attention et délicatesse), puis il s'évapore.
Il prend la fuite ? Retourne dans sa tour d'ivoire ? Aucune idée. Un extraterrestre, je vous dis.
Il me fait parler, l'extraterrestre. Des discussions intelligentes, des débats animés. Des monologues. Des idées que je me force à construire et à exprimer. Une catharsis par la parole, l'extraterrestre. Jusqu'au bout de la nuit.
Il me surprend, l'extraterrestre. Il baisse sa garde de temps en temps, et je découvre alors un peu de quelqu'un d'autre. Il est curieux, l'extraterrestre, de se cacher derrière certaines apparences.
Il me donne envie, l'extraterrestre. Ma sensualité assoiffée. Une imagination débridée. Sa main sur ma gorge. Lui et moi, plaqués contre le mur. Son souffle, ses lèvres dans mon cou. Mon imagination s'emballe.
Il me parle d'érotisme, l'extraterrestre. Je lui propose mon corps, je lui fais confiance, à l'extraterrestre. Voilà quelque temps déjà que l'on se connaît, et je sais que c'est quelqu'un de bien, l'extraterrestre. Je lui propose alors mon corps pour dépasser des limites.
Mais il me plante là, l'extraterrestre. C'est sa marque de fabrique : il apparaît, puis disparaît. Je ne sais si c'est par exaspération (je suis parfois oppressante, parait-il, pour cet extraterrestre), par peur ou par ennui.
Et comme je sais que l'amitié entre un homme et une femme est quelque chose de fragile, surtout quand ces deux-là s'essaient à la sensualité, j'essaie de parler son langage, à l'extraterrestre.
Il aime les mots, l'extraterrestre. Il aime les parler, mais aussi les écrire.
Je m'y essaie donc. Un nouveau jeu.